Comment prendre soin de soi en tant que militant.e ?

Avant les fêtes, nous nous étions réuni.e.s autour de la question « Comment prendre soin de soi en tant que militant.e ? ». Nous avons commencé l’après midi par parler de nos expériences en tant que militant.e.s puis nous avons choisi de réfléchir sur les trois thèmes qui ressortaient le plus : comment poser ses limites ?, comment trouver du sens dans la vie militante ? et enfin comment voir le bout de la lutte ?

Les propositions que vous allez retrouver si dessous sont celles des participant.e.s sans retouche de ma part donc il ne faut pas être surpris.e si certaines semblent se contredire ou si ça semble couler de source.

« limites »

Pistes pour réussir à poser ses limites en tant que militant.e :

Individuelles :

-prendre le temps de réfléchir avant d’agir

-apprendre à mettre des stops

-faire partie d’un groupe

-accepter l’aide

-avoir des espaces pour se défouler

-apprendre une méthode

-être proactif plutôt que passif pour pouvoir avoir des actions/événements qui nous conviennent mieux

-accepter le fait que la lutte continue, même si nous ne sommes pas présent.e

Collective :

-être dans un groupe qui a une conscience collective de la charge de travail et du bien-être de chacun et chacune

-être au clair sur le temps que chacun.e peut/veut investir

-Mettre en place des structures qui peuvent soutenir les gens: garderie, caisse de grêve, covoiturage.

-faire attention à la culpabilisation/pression de groupe

« Quel est le sens de la vie ? Pourquoi sommes nous là ? »

Pistes pour garder le sens dans nos luttes, nos engagements :

-Avoir la foi

-Partager des valeurs fortes avec d’autres personnes (dans un collectif par exemple)

-Être capable de se positionner par rapport à ses valeurs et son éthique pour qu’elles puissent faciliter l’arbitrage dans la participation à un collectif ou non. Comme les valeurs et l’éthique peuvent évoluer, il est important de ménager dans le contrat moral qui peut nous lier au collectif les moyens d’en sortir (essayer de ne pas devenir indispensable).

-Encourager les moments dédiés aux discussions autour du sens dans un cadre qui permette à chacun.e de se lâcher, de prendre la parole, de se confier

-Aligner son mode de vie avec le mode de vie idéal projeté (avec par exemple le fait de vivre dans un squat, sans payer de loyer ou encore en étant arrivé à ne pas dépendre d’un employeur à qui l’on vendrait son travail pour subsister) expérimenter à petite échelle les changements que l’on souhaite pour la société afin de mieux en parler, pouvoir affiner les changements souhaités

-Se rappeler les « batailles » gagnées (émancipation de certaines oppressions…) qui permettent de se raccrocher à ce qui a déjà été fait autant qu’à ce qu’il reste à faire.

-Avoir une meilleure connaissance de soi-même peut à ce titre faire partie de ce qui est déjà accompli et qui permet de se raccrocher aux luttes et engagements qui nous correspondent. Cela rejoint le point relatif à son propre positionnement par rapport à ses valeurs et son éthique.

« Pourquoi est ce que ce cauchemar ne se termine pas ? »

Difficultés puis pistes de solution pour voir le bout dans nos luttes ?

Difficultés communes

– Sentiment d’abandon

– Difficulté de « voir le bout » d’une lutte

– Difficulté à se mettre en mouvement

– Tensions par rapport au fait d’évoluer dans un collectif « safe » et puis de vivre dans une société « non safe »

– Problème de la dispersion (se lancer dans pleins de projets différents, avoir peur de n’en voir aboutir aucun)

– Surplus d’évènements et d’invitations/d’infos via les réseaux sociaux, les copaines. Beaucoup de sollicitations.

– Difficultés de rester en relation avec des non-militants et quid de la capacité pour ces groupes d’accueillir des non militants, en retour?

– Hyper sérieux des militants pas toujours facile à gérer dans certains moments

– Culpabilisation en faisant des choses qui ne servent pas à la lutte (égoïsme)

– Mythe des bons et des mauvais.es militant.es, jugement de valeur entre militant.es.

– Sexisme ambiant même dans le milieu militant

Comment y faire face ? Quelles pistes de solutions ?

-écouter et être en accord avec soi même (même quand ça implique des incohérences)

– Fixer des petits plans, des petits objectifs

– Sortir de la logique de « je réussi » ou « je rate », s’intéresser au processus de lutte en tant que tel qui n’est pas binaire, uniquement construit de « victoires » ou de « défaites » mais qui est complexe. Le processus, le chemin de la lutte en tant que tel, est déjà très formateur et est déjà un travail en soi. Ce processus permet une mise en mouvement, la création de mondes, et une expérience qui en soit peut en tant que telle déjà être considéré comme une « réussite », quel que soit l’objectif final.

– Adapter ses objectifs. Ne pas avoir peur de le revoir à la baisse quand onne sent pas capable. Assumer le fait de ne pas sentir capable.

– Savoir déléguer. Apprendre à connaitre les gens pour pouvoir parfois se « reposer » sur elleux, avoir confiance dans le fait qu’ils et elles peuvent faire le travail sans nous. Et que ce sera bien aussi.

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